Dimanche 2 octobre 2011
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Réintégrons l'enseignante !
Une enseignante de Haute-Garonne, chargée de direction en classe unique depuis 8 ans à Izaut de l'Hôtel, a appris que
l'administration de l'Education Nationale avait pris à son encontre, de manière inacceptable et disproportionnée, « un arrêt de suspension conservatoire en vue de la protéger et de protéger
les enfants ». En d'autres termes, Karyne Girardot-Dedieu, qui risque un conseil disciplinaire, est mise à pied depuis le 1/09/2011. Au même moment, l'administration ouvre la 2ème classe
devenue nécessaire au vu des effectifs.
L'Education nationale essaie-t-elle de reprendre la main pour que le fichier Base-élèves auquel s'opposaient
parents et enseignante devienne incontournable ?
Un village déchiré autour de l'école
Un clivage municipal a entraîné des relations tendues autour de l'école, des suspicions et des violences, qui ont débordé le cadre professionnel pour
atteindre cette enseignante dans sa vie privée, et aller jusqu'à toucher son mari. Ces différentes pressions à répétitions et ces violences (le Maire a été condamné), ont contribué à jeter le
trouble tandis que l'enseignante réussissait à garder la sérénité nécessaire en classe.
Cinq parents impliqués personnellement, se sont rangés derrière les positions du Maire et n'ont entretenu avec l'enseignante que des relations
conflictuelles, où la cause des enfants est souvent instrumentalisée ou bien lointaine. Aussi se sont-ils plaint à l'Inspection Académique que leurs enfants étaient en souffrance à
l'école.
Pourtant les parents d'élèves, organisés en section locale de FCPE, soutiennent majoritairement cette enseignante, car ils ont su apprécier, durant
toutes ces années, son engagement professionnel en faisant classe à toujours plus d'élèves de la Grande Section de maternelle au CM2.
Une administration de l'Education nationale qui tourne le dos à ses
missions
Historiquement, l'éducation nationale servait de médiateur voire de protecteur lorsqu'un de ses fonctionnaires était pris dans un conflit. Cette
éthique est désormais battue en brèche lorsque l'enseignant ne s'inscrit pas dans la culture managériale dictée par la société libérale où culture du résultat et clientélisme deviennent la norme
(statistiques de réussite et concurrence entre écoles).
Que demande l'administration à un enseignant de nos jours ?
Karyne Girardot s'y refuse, à l'instar du Collectif National de Résistance à
Base-élèves. De
nombreux parents de l'école ont fait valoir leur droit d'opposition au fichage de leur enfant, comme une décision du Conseil d’État les y autorise désormais depuis le 19/07/2010. Contrairement à
ce qui se pratique dans de nombreuses écoles qui taisent ce droit aux parents, les enfants d'Izaut de l'Hôtel ne sont pas fichés en cachette !
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Faire passer des évaluations nationales en CE1 et en CM2, dans l'objectif de mettre les écoles en concurrence
en pilotant le système par les chiffres, au lieu d'évaluer les acquisitions de chaque élève.
Karyne Girardot s'y refuse, comme le Réseau National des Enseignants en Résistance Pédagogique, car
le procédé contribue à s'écarter de plus en plus des missions de l'école notamment par une correction binaire et des dates de passation qui sont sans rapport avec l'ordre dont le programme est
étudié en classe.
Serraient-ce les prises de position de cette enseignante qui seraient visées
en la laissant subir la tyrannie d'un élu ?
Cette manière expéditive de prendre des décisions vis-à-vis du personnel enseignant deviendrait-il
la norme de la part de la hiérarchie de l'Education Nationale,
comme on l'a vu récemment dans le Loire et Cher ?
Les organisations et personnalités signataires refusent l'arbitraire
dont est victime Karyne Girardot
et exigent la réintégration de cette enseignante sur son poste à Izaut de l'Hôtel.
Signataires :
Christian LABORDE, écrivain
Guy CHAPOUILLE, fondateur de l'ESAV, cineaste
Chantal TEYSSIER,productrice, présidente du Festival Résistance à Foix